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N°34
4e trimestre 2010
La lettre du CERPAM
Centre d'Etudes et de Réalisations Pastorales Alpes Méditerranée
Route de la Durance 04100 MANOSQUE

Avec le soutien financier du Conseil Régional Provence Alpes Côte d'Azur et de l'Etat:

SOMMAIRE



Coopération méditerranéenne : des forestiers et des éleveurs de chèvres… en Turquie

Le CERPAM a été sollicité par le CFPPA de Carmejane pour réaliser, du 01 au 06 octobre, une mission en Turquie sur la problématique de la cohabitation entre forestiers et éleveurs caprins. Cette mission fait suite aux Rencontres Euro Méditerranéennes de l’Enseignement et de la Formation Agricoles pour un développement durable de 2009 et s’est déroulée à l’initiative d’un professeur de zootechnie à l’Université d’Ankara. Trois jours ont été consacrés à la rencontre de 7 familles d’éleveurs semi-nomades (pratiquant la transhumance) et nomades (se déplaçant entre leur quartier d’hiver sur le littoral et le quartier d’été), accompagnés des forestiers locaux et régionaux. Ces éleveurs travaillent des troupeaux de chèvre de race « à poil » de 300 à 900 bêtes suivant les familles, avec vente de cabris à des engraisseurs et de fromages à des grossistes. Un troisième débouché qui périclite est celui du poil, utilisé pour tisser les tentes de nomades.

L’objectif de cette mission exploratoire était de comprendre les problèmes des uns et des autres, dans un contexte où 99 % des forêts sont gérées par l’Etat, où le code forestier turc interdit tout pâturage caprin et ovin en forêt depuis 1985 et où l’Etat pousse à la sédentarisation des éleveurs nomades : il ne subsiste plus que 200 à 350 familles. L’attente des forestiers turcs est très forte afin de trouver des solutions aux problèmes des dégâts occasionnés sur la forêt par les éleveurs et leurs troupeaux, dans un contexte de très forte préoccupation de prévention des incendies de forêt qui mobilise des gros moyens.

La piste d’actions envisagée porte sur 4 étapes, sur une ou deux familles d’éleveurs nomades volontaires : 1/caractérisation de leurs surfaces pastorales tout au long de leur itinéraire, 2/identifier les zones forestières à enjeux sur ces surfaces et identifier les points de conflits, 3/ proposer des solutions alternatives permettant de dénouer ces conflits et les tester avec les éleveurs et forestiers, 4/ bilan et diffusion. Reste à trouver les éleveurs volontaires, dans un contexte de conflits pluri-séculaires, et les moyens financiers et humains de mettre en œuvre ce plan d’action ambitieux…

Contact : sdebit@cerpam.fr
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Régional : un serveur informatique pour mutualiser les données descriptives des cabanes pastorales d’alpage

Avec le soutien financier du Conseil Régional Provence-Alpes-Côte d’Azur et de l’Union Européenne, le CERPAM a réalisé progressivement depuis quelques années le recensement systématique des cabanes d’alpage, en localisant leur implantation et en précisant leurs principales caractéristiques : propriété, durée d’utilisation, état du bâti, nombre de pièces, équipement en eau et énergie, présence de douche et WC, etc. A fin 2010, les travaux sont en voie d’achèvement, avec près de 950 cabanes référencées. Intégrées dans un système d’information géographique, ces données constituent un outil performant pour évaluer, aux échelles locale, départementale ou régionale, l’état général des cabanes pastorales, les progrès enregistrés dans leur mise à niveau, les besoins d’amélioration restant encore à couvrir. Il s’agit maintenant de les partager avec tous les opérateurs des politiques d’amélioration pastorale – dont beaucoup ont d’ailleurs alimenté la base de données.

Dans ce but, un serveur informatique a été mis au point avec la collaboration de la Fédération Régionale des Groupements de Défense Sanitaire PACA.  Il permet de localiser les cabanes sur fond cartographique IGN complété par les limites des unités pastorales, d’obtenir pour une cabane recherchée sa fiche descriptive accompagnée de photographies quand celles-ci sont disponibles, d’effectuer des exploitations statistiques pour une zone déterminée, de déposer des documents susceptibles d’être mutualisés à des degrés divers. La mise à jour périodique des données sera assurée par le CERPAM, à partir des dossiers d’équipements montés annuellement et des informations communiquées par les partenaires. Réservé à un usage technique, le serveur sera accessible par mot de passe. D’ici la fin de l’année, des journées de présentation et de prise en main seront organisées dans chacun des départements à destination de ses différents utilisateurs.

Contact : jplegeard@cerpam.fr
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Régional : à la découverte des parcs d’appui au gardiennage

Le 3 septembre, à l’invitation des Fédérations départementales des Groupements pastoraux des Alpes de Haute Provence et des Hautes Alpes (ESTIVALP et ALPAGE), du CERPAM et de l’ADEM (Association Départementale d'Economie Montagnarde), une trentaine d’éleveurs s’est retrouvée sur l’alpage de Lèche dans le Dévoluy. Cette journée technique présentait un exemple de l’expérimentation en cours de parcs d’appui au gardiennage menée dans quatre départements. Ce parc électrifié d’une dizaine d’hectares, financé par la DDT 05, a été mis en place pour la protection du troupeau en 2009 sur l’alpage.

Après une visite du site et du parc, les intervenants ont présenté les intérêts de cet outil et les avantages que pouvaient en tirer les éleveurs : pâturage nocturne sécurisé en période chaude, parc réservé aux journées de brouillard en fin de saison, parc de souplesse pour gérer les absences ponctuelles du berger, autant de possibilités d’usage de cet outil. L’implantation sur une végétation grossière ou embroussaillée permet tout à la fois de prolonger l’utilisation de l’outil et d’améliorer la ressource. Les échanges entre les techniciens des services pastoraux et les éleveurs ont permis de préciser le mode de gestion, les critères techniques de pose, le coût, ou encore l’efficacité. Cette efficacité est aussi liée à la qualité de la pose et au bon fonctionnement de l’électrification ! L’expérimentation doit se poursuivre sur la saison 2011.

Contacts lgarde@cerpam.fr , sgole@cerpam.fr ou tniez@cerpam.fr
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Régional : les chèvres face aux loups

La prédation sur les caprins est un phénomène croissant au fil des ans, avec un total de 116 chèvres victimes des attaques de loups en 2009. Si ces pertes ne représentent encore qu’une faible proportion de la prédation totale (4 %), les éleveurs caprins sont préoccupés par l’expansion des loups dans les vallées et l’arrière-pays dans les Alpes du Sud. Un stage a été organisé par le CERPAM en 2010 en association avec la filière caprine régionale et avec le soutien de l’INRA d’Avignon. Ce stage, qui a mobilisé Nicolas Gambarini de l’école de VetAgroSup Clermont-Ferrand, a permis de faire le point sur les pratiques des éleveurs, la vulnérabilité face aux loups, enfin la capacité d’adaptation des exploitations caprines.

Les résultats acquis auprès d’une vingtaine d’exploitations en Haute-Provence confirment la sensibilité des éleveurs caprins, très majoritairement fromagers, au sujet. En effet, les systèmes d’élevage valorisent les surfaces de parcours, qui participent à l’identité de l’élevage caprin provençal et à l’image du produit. Le cahier des charges de l’AOC Banon impose d’ailleurs un large recours au pâturage. L’obligation de la traite facilite considérablement la protection nocturne des troupeaux caprins. Mais le jour, les parcours, souvent boisés, s’avèrent très vulnérables au pâturage en présence de loups. De surcroît, la valeur unitaire d’une chèvre laitière ainsi que l’impact d’un stress sur la production laitière du troupeau rendent difficilement supportable tout acte de prédation sur un troupeau laitier. Si le problème se pose encore peu, les éleveurs sont très vigilants et prêts à réagir à tout accroissement de la prédation. Une réflexion est ainsi engagée avec la filière caprine sur les mesures de protection et l’adaptation des politiques publiques à ce contexte particulier.

Contact : sgole@cerpam.fr
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Alpes de Haute Provence : vingt nouveaux contrats agri-environnementaux

Sur les Alpes de Haute Provence, une bonne vingtaine de Mesures Agri-environnementales  ont été contractualisées depuis 2009. Elles l’ont été par des éleveurs mettant en œuvre des pratiques pastorales à l’intérieur des périmètres des zones Natura 2000, répartis de façon à peu près égale entre Groupements Pastoraux et exploitations individuelles. Si tout le département est concerné, une grande partie de ces contrats concerne le Massif des Monges ainsi que quelques alpages de l’Ubaye et du Haut Verdon. Le CERPAM construit le plan de gestion pastoral avec les éleveurs demandeurs. Ce document de gestion est obligatoire pour la contractualisation.

Les contrats concernent des pratiques agro-environnementales diversifiées. Dans certains alpages, un report de pâturage sur des zones est préconisé pour préserver la nidification des tétras lyre. Il s’agit le plus souvent de secteurs d’herbe grossière situés près de mélézins. Ainsi les femelles peuvent élever la nichée dans les grandes herbes de fétuque paniculée, puis ensuite quand les poussins sont bien démarrés, la mère les dirige vers les mélézins clairièrés. Les contrats permettent aussi de limiter l’embroussaillement de belles pelouses par interventions mécaniques complémentaires aux pratiques pastorales, afin de faire régresser cette colonisation. Suivant la densité de végétation à traiter, les éleveurs s’engagent à réaliser eux-mêmes ces travaux, avec leur propre matériel, ou bien à s’adresser à une entreprise avec des engins plus puissants. Dans tous les contrats, les éleveurs s’engagent à respecter un calendrier de pâturage et des pratiques de pâturage définies en commun.

Contact : dbaron@cerpam.fr
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Hautes-Alpes : achèvement du recensement des cabanes pastorales

Le CERPAM des Hautes-Alpes a accueilli une dernière stagiaire venue de SupAgro de Montpellier cette année afin de finaliser le recensement exhaustif des cabanes pastorales du département. Après un premier travail effectué l'année dernière sur le territoire du Parc National des Ecrins, Marie Briaux a ainsi recensé les cabanes pour le reste du département et analysé les données récoltées notamment sur la zone du Parc Naturel Régional du Queyras.

Au total, une base de données de 370 cabanes pastorales a pu être mise en place. Pour chaque cabane, nous avons, lorsque cela était possible, renseigné des informations telles que : la propriété, la durée d'utilisation, l'accès, la présence de douche, etc.  Sur ces 322 cabanes, 112 sont situées dans la zone du Parc National des Ecrins (partie Hautes-Alpes), dont 31 sont situées dans la zone cœur ; on dénombre 87 cabane dans la zone du Parc Naturel Régional du Queyras. L'ensemble des ces données seront bientôt accessibles sur un serveur cartographique régional. L'accès sera limité et personnalisé aux structures et organismes partenaires de la politique de modernisation des cabanes pastorales.

Contact : svieux@cerpam.fr
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Alpes-Maritimes : pastoralisme et tétras-lyre

Dans le cadre des formations à destination des agents du Parc national du Mercantour, le CERPAM a participé à 3 journées d’échanges techniques autour des moyens et méthodes de diagnostic et de gestion pastorale et forestière pour la préservation du petit coq de bruyère. L’objectif de ces journées était à la fois de former les agents aux grands principes de l’expertise d’un site pastoral, mais aussi de connaître la méthode de diagnostic des potentialités d’un milieu par rapport aux besoins du Tétras, récemment développée par l'Observatoire des Galliformes de Montagne et testée dans le Mercantour pendant l'été 2010.

Après ces rappels méthodologiques (tournées de fin d’estive, grilles de raclage par le CERPAM, « diagnostic Tétras » par l’OGM), les tournées de terrain ont permis d’aborder concrètement le sujet, de confronter les différents points de vue et d’élaborer ensemble des propositions d’intervention pour concilier pratiques pastorales, conduite des peuplements forestiers et protection du tétras-lyre en mélézin, son habitat privilégié dans les Alpes du Sud.
Ainsi, ces journées ont permis à chacun d’observer les pelouses, landes et boisements avec un autre regard, une nécessité et un atout pour travailler ensemble.

Contact : algouty@cerpam.fr
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Var : l’Atlas pastoral sur la Provence verte

Une mise à jour de l’atlas pastoral du Var a été  réalisée cette année. La première édition avait vu le jour en 1996. Ce projet avait pour objectif de faire l’inventaire des ouvrages et opérations sylvopastorales. Il se voulait être un outil de travail commun entre gestionnaires des espaces naturels, de la forêt et du pastoralisme. Il visait ainsi à apporter une meilleure compréhension  du fonctionnement des systèmes d’élevages et des milieux naturels ainsi que des enjeux de leur protection.
La mise à jour a été réalisée sur le secteur de la Provence verte, à l’Ouest du département. L’objectif est de faire le point sur les unités pastorales pâturées en 2010 à titre individuel ou collectif. Au total plus de 40 éleveurs ont été enquêtés. La Provence verte comprend ainsi 33 316 ha pâturés (soit 24 % de son territoire), dont 761 ha sont en contrat agri-environnemental. Les troupeaux locaux comprennent 9 918 animaux et ce secteur accueille  2 720 animaux en transhumance hivernale. On dénombre au total :
- 10 900 ovins,
- 998 caprins,
- 635 bovins,
- 105 équins ;
Le bilan de cette mise à jour nous apprend aussi que 2 900 ha de pâturage supplémentaires ont été gagnés depuis les années 90.

Contact : cerpam83@free.fr
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Vient de paraître : l’Atlas des coupures de combustible entretenues par le pâturage

Complétant l’ouvrage « Coupures de combustible pâturées, le guide pratique », le CERPAM a édité en juin 2010 l’atlas des opérations présentes sur Provence-Alpes-Côte d’Azur au 30 avril 2010. A cette date elles réunissent :
- 300 sites représentant 64 350 ha, dont 10 158 ha contractualisés,
- 263 éleveurs impliqués,
- 71 950 brebis, 2 400 chèvres, 1 850 bovins et équins mobilisés,
- 1 à 5 générations de contrats agro-environnementaux selon les départements,
En format A3, l’atlas fournit la cartographie des coupures de combustible  accompagnée des chiffres clés du sylvopastoralisme à objectif de DFCI pour l’ensemble du territoire régional et pour chacun des départements concernés (Alpes Maritimes, Bouches du Rhône, Var, Vaucluse). Il est réalisé et diffusé avec le concours du Conseil Régional et de l’Union Européenne. Ce document est disponible au CERPAM à Manosque.

Contact : cerpam.manosque@wanadoo.fr
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Problèmes de réception de cette lettre ?  Contact :cerpamweb@wanadoo.fr